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samedi 14 avril 2012

Présidentielle: Mélenchon fait «plage au peuple» à Marseille

PRESIDENTIELLE - Après la Bastille et le Capitole, le candidat du Front de gauche investit la plage du Prado...

Après les succès de la Bastille à Paris et du Capitole à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon, désormais entre 13 et 17% dans les sondages, entend faire «plage au peuple» à Marseille samedi après-midi, à la veille des rassemblements parisiens de François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Marseille, une ville «bigarrée, mélangée», «symbole d'ouverture»

Le candidat du Front de gauche (FG) qui détourne ainsi son slogan «place au peuple», investira la plage du Prado, après des mois de frictions avec la mairie UMP qui lui en refusait l'accès. Des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau attendues pour ce troisième meeting en plein air en moins d'un mois. Ayant, pour la sixième semaine consécutive, la meilleure dynamique de campagne (TNS-Sofres), celui qui remplit les salles et les places partout où il passe ironise d'ailleurs sur son «concurrent» François Hollande et son «adversaire» Nicolas Sarkozy qui «l'imitent» désormais, eux qui seront respectivement au bois de Vincennes et à la Concorde dimanche. «Je les vois maintenant eux aussi occuper les rues et parfois même se risquer sur des places avec des succès souvent mitigés», «vous allez voir la différence du traitement médiatique!», mais «rien de tout cela ne se compare à ce que nous faisons», écrit sur son blog l'eurodéputé qui a repris ses attaques virulentes contre les médias tout en estimant que «tous ceux qui aboient (l)e servent».
Dans la cité phocéenne, une ville «bigarrée, mélangée», «symbole d'ouverture» vers la Méditerranée, le possible troisième homme de la présidentielle, toujours au coude à coude avec Marine Le Pen, abordera son thème de la «République sociale», entre VIe République et planification écologique, lors d'un discours prévu vers 16h. Auparavant, après une partie musicale à 14h, Clémentine Autain (La Fédération pour une alternative sociale et écologique) et Pierre Laurent (PCF) doivent intervenir.

Soirée de premier tour place Stalingrad

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon se rendra à Pau pour un grand pique-nique au côté d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Il finira sa campagne par un meeting en salle jeudi à Paris (Porte de Versailles), visible en multiplex dans d'autres villes, avant une dernière soirée en plein air au soir du premier tour, place Stalingrad, où il avait donné son premier meeting de candidat en juin. Mais pour celui qui continue de rêver à un deuxième tour, l'histoire ne s'arrêtera pas là. Car, expliquait-il à des journalistes vendredi lors d'un déjeuner, après la présidentielle, il n'y aura «pas de relâchement de l'espace politique». Si la gauche l'emporte, «la victoire électorale sera suivie d'une mobilisation populaire», comme en 1936, pense-t-il, jugeant que «la logique veut que la finance attaque la France», ce qui «devrait mettre à nu les questions de stratégie».
Et pour l'ex-PS qui revendique une «stratégie de combat» face au «modèle néolibéral qui va sauter», «le Front de gauche va continuer et avant 10 ans, il sera au pouvoir». Pour s'opposer à la finance, «la gauche c'est moi!», s'exclame-t-il, soulignant que «caillou après caillou», le FG est devenu une «construction en béton armé». Alors, pas question d'entrer dans un gouvernement socialiste. Au Parti de gauche comme au Parti communiste français, «personne n'ira au gouvernement ou alors des renégats» comme Robert Hue, l'ex-secrétaire général du PCF soutenant François Hollande, assure Jean-Luc Mélenchon. Quant aux législatives, il n'exclut désormais plus d'être candidat, peut-être même à Paris où la rumeur le donne face à Cécile Duflot dans la 6e circonscription, certains l'imaginant en président du groupe FG à l'Assemblée.

Sarkozy en campagne chez les corses - AgoraVox le média citoyen

Sarkozy en campagne chez les corses - AgoraVox le média citoyen

Une campagne électorale, ça se prépare au coin du feu


A l'analyse, tout le monde s'est aperçu de la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy, dûe pour beaucoup à la trop grande influence du conseiller venu de l'extrême droite Patrick Buisson.Or des prémices de cette tendance avaient déjà été décelées il y a plusieurs mois, chez notre futur-ancien père de la nation. Notre président tenant alors salon, en attendant la future naissance de sa fille, entre deux voyages façon SuperDupont en Libye et un autre pour voir son ex-grande copine allemande. Sa femme bientôt à la maternité, ayant déjà épuisé toutes les cassettes vidéos de sa collection, enfin toutes les versions de Ben-Hur, son film préféré, il avait alors trouvé une nouvelle façon de se distraire. Oh, rassurez-vous, pas d'escapade nocturne en boîte de nuit ni d'alcoolisme bushien : notre (si bon) président est sobre comme un chameau de Kadhafi, paraît-il (à part les prises de DHEA, révélées récemment). Alors quoi ? Eh bien c'est simple : Nicolas avait invité des intellectuels à sa table. Et comme notre nouveau converti à la littérature avait décidé d'accélérer sa formation et en même temps de joindre l'ultime à l'agréable, il avait fait venir des gens, qui, bizarrement étaient (et sont toujours) des écrivains d'extrême droite. Histoire de tâter un peu plus le terrain du côté des électeurs de la fille de l'autre, là, qui lui siphonne une partie de ceux qui l'ont amené aux portes de L'Elysée, et qu'il semble avoir tant déçus. Nicolas, au coin du feu élyséen, cet hiver, écoutait déjà de bien étranges sirènes venus de l'extême... résumé de ceux qui lui ont chanté cet hiver aux oreilles de Nicolas les airs putrides que l'on vient d'entendre durant cette campagne électorale si nauséabonde...
C’est le Nouvel Observateur qui a éventé l’histoire, il y a quelques mois déjà. Le jour même où on apprenait que Denis Olivennes quittait le vaisseau, sans y avoir laissé de grand souvenir, à part celui d’y avoir imposé une interview de... Sarkozy, l’hebdo se fendait d’un texte assez osé, dont je vous recommande la lecture. C’est ici. On y apprenait de façon assez sidérante que le soir même du remaniement, la longue poignée de main hypermédiatisée cachait en fait un rendez-vous important pour le couple présidentiel. Pensez-donc, ce soir-là, il ne recevait pas le couple Obama, mais... Michel Houellebecq, en personne, tout juste auréolé de son prix qui venait d’enterrer la littérature française, pas moins, pour au moins dix années. L'écrivain qu'on disait la semaine dernière perdu, égaré quelque part dans ce bas monde (mais on l'a retrouvé hélas !). L’homme à la cigarette tenue bizarrement n’était pas venu seul, nous avait appris l’Obs. Il avait débarqué avec ses amis. Et les amis d’Houellebecq, franchement, j'aimerais mieux ne pas les avoir à ma table. Ce soir-là, c’est tout simplement l’extrême droite la plus réactionnaire qui s’était invitée à l’Elysée, derrière son chef de file littéraire, dont la première dame est "folle" paraît-il (au point d’avoir fait une chanson d’un de ces textes *). De quoi relever pour sûr le niveau de la chanson française depuis au moins Mireille Mathieu, devenue aussi "bling" que son idole en politique. Une première dame qui s'était fait photographiée en robe rouge sur les toits de l'Elysée, en voilà une idée qu'elle était glamour... ce doit être cela, chez les Sarkozy, vouloir prendre de la hauteur...

Houellebecq en invité principal, et à côté de lui d'autres, pas inconnus pour autant. "Autour de la table figurent enfin les special guests de « Michel ». David Kersan est un jeune homme aux yeux bleu acier et au beau visage androgyne. Il se présente comme l'agent de Maurice G. Dantec, « combattant chrétien et sioniste » autoproclamé, exilé au Québec et avec lequel Houellebecq caresse le projet d'un ouvrage de « conversations ». Voilà qui promettait, nous apprenait le nouvel Obs, et ce qui a tendance à nous laisser plutôt sans voix. Un Nouvel Obs enfin débarrassé d'Olivennes, envoyé dans les ronces dans le "Canard", et qui charge le personnage en décrivant tout simplement sa fiche Facebook, où l'homme se vante de pas mal de choses : "sur Facebook, David Kersan aime George Bush, les « tea party patriots », Radiohead et le free fight, où tous les coups sont permis. Il dirige « Ring », le webzine supposé inclassable des « jeunes gens modernes », que Houellebecq considère comme « le meilleur site d'information ». « Ring » le lui rend bien, en effet. 

"Ses signatures très masculines adulent le très tendance Philippe Muray mais aussi Taguieff, Zemmour, Hortefeux et le criminologue Xavier Raufer. Elles moquent férocement Stéphane Hessel, Villepin, de Gaulle, l'islam, Sollers et le « supposé ghetto » de Gaza. Font la guerre au politiquement correct. Donc militent pour une édition critique de « Mein Kampf »... voilà "donc" aussi qui s'était alors retrouvé invité à l'Elysée ! Ne cherchons pas plus loin aujourd'hui les porpos outranciers d'un Guéant ou ceux-là même sortis en meeting de la bouche présidentielle : à écouter pareils naufrageurs, ce n'est pas un hasard si aujourd'hui d'aucuns affirment que le navire Sarkozy part à la dérive, et qu'il est même en voie de s'échouer tout seul sur le rocher des urnes électorales. Le prix Goncourt de l'année, qui avait avoué chez Drucker en 2004 vouloir gagner beaucoup d'argent "pour être libre", est donc aussi fan d'un site qui demande de répandre partout Mein Kampf : les jurés du prix, dont le mari de "madame Nous Deux" (Monique, femme de Bernard Pivot !) s'en sont-ils rendus compte, en offrant la couronne à ce faiseur que la littérature aura oublié dans moins de dix ans ? A moins qu'ils aient aussi oublié une autre sortie du romancier, qui déclarait avant le Goncourt, que s'il ne l'avait pas eu jusqu'ici, c'est parce que sa maison d’édition, Flammarion, n’avait « pas de ligne budgétaire pour acheter les jurés »


On imagine d'ici au coin du feu élyséen, l'auteur déclamer ses meilleures réparties, telle celle-ci, pas vraiment choisie au hasard il est vrai : "chaque fois que j’apprenais qu’un terroriste palestinien ou qu’un enfant palestinien ou qu’une femme enceinte palestinienne avaient été abattus par balle à Gaza, j’éprouvais un tressaillement d’enthousiasme." Voilà qui a dû laors ravir sans doute une femme de président attendant un bébé et ce même président qui n'aura pas eu le temps de se décider à reconnaître (ou non) un état palestinien. Remarquez, avec la majorité que ce trimbale le mari de Carla, c'est pas gagné non plus... (et pas qu'avec sa majorité seulement : c'est surtout des groupes d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale et au Sénat, avec à leur tête Claude Goasguen (UMP) et Jean-Pierre Plancade (RDSE) qui ont écrit que "par ailleurs, la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien conduira les parties dans une impasse et condamnera le processus de paix à une mort certaine" (***). Depuis le temps qu'ils l'attendent, leur pays, les palestiniens, on ne pourra parler d'un Etat prématuré ! On évitera au passage de ressortir des extraits des "Particules Elémentaires", où Houellebecq s'en prenait au femmes qui avaient eu recours à la psychanalyse, “impitoyable école d’égoïsme" selon lui, car "la psychanalyse s’attaque avec le plus grand cynisme à de braves filles un peu paumées pour les transformer en d’ignobles pétasses, d’un égocentrisme délirant, qui ne peuvent plus susciter qu’un légitime dégoût, " mais aussi le chapitre où l'auteur éconduit par une de ses conquêtes proposait un mode de vengeance assez... psychanalytiquement perverse : "aussi la rupture avec Véronique ne lui inspire-t-elle qu’un regret - “ne pas lui avoir tailladé les ovaires.” Ou quelques pas plus loin, cet ode au sexe féminin façon Houellebecq : “je le savais, elle avait tellement besoin d’être tronchée. Ce trou qu’elle avait au bas du ventre devait lui apparaître tellement inutile. Une bite, on peut toujours la sectionner ; mais comment oublier la vacuité d’un vagin ?” Pas vraiment le soir, je pense de relire ce genre d'amabilités devant la première dame de France et son mari... et peut-être pas non plus le genre de littérature à lire en ces lieux... mais bon, ce soir-là, l'invité de Madame, c'était bien Houellebecq...


A moins que l'on choisisse ce soir-là, un peu poussé par l'ambiance et quelques boissons (je m'arrête là, rassurez-vous !) d'autres pages, ou un autre ouvrage, comme "Plateforme", par exemple. Et d'en extraire cette tirade du meilleur goût littéraire :"l’islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n’avaient rien d’autre à faire – pardonnez-moi – que d’enculer leurs chameaux". On aurait dû penser à expliquer tout ce talent littéraire si prisé en haut lieu aux insurgés Libyens que venait juste de rencontrer Nicolas Sarkozy, passé en quelques mois de dérouleur de tapis rouge pour dictateur à Tartarin chasseur de despote. Comme ils souhaitent, paraît-il, régir leur pays avec des lois "d'enculeurs de chameaux", selon Houellebecq, autant les prévenir qu'ils risquent ici de ne pas être aussi appréciés que le tyran venu planter sa tente en plein Paris ! 
Ou alors, un autre extrait encore, qui aurait pu plaire à un président qui avant même de se faire élire, était venu baratiner philosophie (déjà ?) pour finir par énoncer que l'eugénisme, finalement, ça lui parlait : "le soir tombait : quelques moutons terminaient leur journée. Eux aussi étaient stupides, peut-être encore plus que le frère d’Aïcha ; mais aucune réaction violente n’était programmée dans leurs gènes". Une saillie propice à évoquer les banlieues, non ? Ces fameuses "racailles", dont "on va vous débarrassez au Karcher, ma bonne dame"... étrange écho de 2005.

L'autre invité "de marque" n'est pas en reste, à vrai dire, par rapport à Houellebecq. David Kersan, lui, se targue d'être"l'agent littéraire de Maurice G. Dantec", cet autre islamophobe notoire ayant fait un passage éclair au sein du bloc identitaire, qu'il n'a pas dû trouver assez d'extrême droite, sans doute. L'homme de "l'europe décadente" et du "djihad mondial", le partisan revendiqué de la théorie fumeuse du "choc des civilsations", voilà qui vient dîner le soir, chez les Bruni-Sarkozy ! L'agent de celui qui a envoyé ce genre de courrier en 2004 au Bloc Identitaire : "Quoique je sois en désaccord profond avec vous sur de nombreux points de politique internationale, et peut-être même sur la conception de la civilisation américaine, comme de l'importance stratégique du Royaume d'Israël dans notre lutte contre l'Antéchrist coranique, je me permets, à 6000 km de distance, de vous transmettre mes meilleurs voeux pour l'année 2004, qui s'annonce décisive pour la France. Votre combat, sans doute bien difficile, pour empêcher la dissociation de la France, l'Islamisation de l'Europe, la dissolution de l'Occident (le vrai), me touche profondément, car veuillez m'excuser de ce pessimisme spenglerien, j'ai franchement l'impression que ce qui fut mon pays (et l'est encore à bien des égards) est FOUTU". Le gag étant que Dantec n'a pas toujours marché dans ce sens, comme s'en souvient Patrick Raynal, le directeur de la "Série Noire" où Dantec avait fait un "carton" : "Il était du côté des musulmans en Yougoslavie, très intéressé par le soufisme, puis il s'est mis à haïr l'islam." Et depuis, c'est à noter, il écrit un peu (beaucoup) comme Anders Breivik, autre écrivain prolixe mais à la carrière littéraire brusquement interrompue un jour en Norvège...

Le Dantec, fort bien résumé par Daniel Lindenberg, qui "avait intégré Maurice G. Dantec dans son superbe pamphlet "Le Rappel à l'ordre, Enquête sur les nouveaux réactionnaires" (Seuil, 2002) :"Je ne suis pas surpris, note aujourd'hui Daniel Lindenberg. D'ailleurs, à part le fait qu'il s'adresse désormais ouvertement à un groupe néonazi et qu'il fait directement des plaisanteries à la Le Pen, il n'y a pas d'évolution notable sur le fond. La fascination de Dantec pour le fascisme était déjà clairement énoncée dans ses livres. La seule chose, c'est que toute une presse de gauche a voulu nous faire croire que Dantec était un peu allumé, qu'il fumait beaucoup, qu'il ne faisait pas de politique..." La première dame de France devait lire des magazines de "gôche" alors à l'époque, d'après le CV officiel ou plutôt les déclarations de la dame pour ses penchants politiques... aujourd'hui, la grossesse l'aurait donc tant changé que ça ? C'est fou ce que l'enfantement provoque !


Nicolas Sarkozy, qui invite à sa table le représentant de la pensée la plus islamophobe qui soit, sans que cela ne fasse broncher madame, déclarée de gauche. Elle aurait pu, pense-t-on, s'appuyer au moins ce soir-là sur une représentante féminine : manque de chance c'était Isabelle Chazot, la directrice de "Playboy France", qui était présente, et qui, comme chacun sait, à beaucoup fait pour la littérature féminine. Selon le Nouvel Obs, elle partage avec le mari de Carla une haine bien tassée pour mai 68, et tous les mouvements féministes. C'est elle en effet qui avait rédigé un article resté célèbre intitulé "Treize bonnes raisons de ne pas coucher", dans le magazine pour jeunes filles ("20 ans") qu'elle dirigeait, et que seul Soral, qui a joué dans une vie antérieure au gigolo (et est venu l'expliquer complaisamment à la télévision devant Mireille Dumas  !) était venu défendre, tant il sentait la pensée réactionnaire. Gag supplémentaire des ravages de la dame : sur son CV, on y lit un fort surprenant "Diplômée de linguistique latine et titulaire d’un DEA de Lettres classiques, Isabelle Chazot enseigne également le Journalisme à l’Université Paris Descartes de Marne la Vallée et au Centre de journalisme à l’Université Paris-Descartes de Marne-la-Vallée et au Centre de formation des journalistes, à Paris". Pauvres étudiants : dans un de ces récents articles, voici son analyse tout en finesse : "dans la mode, dans l'entreprise, en politique..., la crise valorise plus que jamais la séductrice vénale et fatale. Alors, avant de déplorer le come-back de cette vieille baudruche réactionnaire, interrogeons-nous un instant : et si la vamp avait tout bon ?"... C'est notre chère Rachida qui avait suivi ses cours, à en croire son comportement avant d'être évincée du gouvernement ? Et l'on voudrait parler de "parité" ? En donnant des cours sur l'usage du décolleté ? Si DSK veut se recycler dans le journalisme féminin, qui sait, avec le corpus de connaissances qu'il a accumulé, c'est la dame à contacter !

Le soir du dernier remaniement, Nicolas Sarkozy, à la demande semble-t-il de sa femme, et grâce à l'intercession d'un dénommé Mitterrand, encore ministre pour quelques mois, avait réuni l'une des plus belles brochettes de penseurs d'extrême droite existant en France. Histoire de ratisser plus profond encore du côté des beaufs admirateurs d'un Jean-Marie vieillissant. Fifille avait d'ailleurs bien reçu le message : quelques jours plus tard, elle commettait une saillie à la David Kersan/Dantec, histoire de montrer que l'extrême droite, c'est un vieux loup qu'il convient de brosser dans le bon sens, et que seuls certains (et ici certaines) savent le faire mieux que d'autres. Dans le sens de la haine, uniquement, bien sûr ! La bête immonde n'est pas encore morte, et Nicolas fait tout ces derniers temps pour lui fournir le respirateur artificiel dont elle a besoin pour survivre. On devrait logiquement avoir bientôt une gare saccagée, des émeutes de banlieue et un journal télévisé de JP Pernaut parlant tous les jours de petits vieux agressés (c'est déjà en cours il semble bien). Entretemps, on a même déjà eu une expédition mortelle d'un jeune djihadiste bien connu des services secrets de la nation au parcours en scooter plus que douteux. Un personnage à la Dantec, dirons-nous.
Pour ce qui est de Michel Houellebecq, "l'amer Michel", auteur de "Les parties de cul alimentaires" (cf le Canard Enchaîné !) "on en restera à cet avis définitif : "chantre de la médiocrité, faux lunaire et clown triste de l’islamophobie, Michel Houellebecq est désormais consacré par le système qu’il prétend abhorrer." Et chez Nicolas Sarkozy, en ce moment, c'est amusant à constater, c'est tout simplement le contraire qui lui arrive...

Autour de Hollande, le bal des prétendants aux ministères est ouvert


La plupart des principaux dirigeants socialistes étaient présents au Bourget, le 22 janvier, lors du discours de François Hollande.

La "lutte des places", à une poignée de jours du premier tour de l'élection présidentielle, prend un tour plus intense autour du candidat du Parti socialiste. Bien trop prudent, François Hollande, pour sa part, ne pipe mot de ses desseins en matière de casting gouvernemental. La cour socialiste, cependant, bruisse plus que jamais de rumeurs, de manoeuvres de placement et d'angoisses.
C'est ce membre d'un pôle thématique du staff Hollande qui conseille au journaliste du Monde de glisser dans son article qu'il a l'oreille du candidat sur ses dossiers : "Pour m'aider pour mon secrétariat d'Etat". Ou cet autre membre de l'équipe qui rappelle une dizaine de fois en trente minutes pour s'enquérir, une interview avec M. Hollande à peine achevée, de "ce que François compte faireavec ses vieux amis...".
Le parfum de la victoire, indéniablement, échauffe bien des esprits. "Il y en a beaucoup qui ont déjà composé leur cabinet ministériel et choisi leurs directeurs d'administration centrale", s'agace notamment un des patrons de la campagne socialiste. "Tout ça est un peu prématuré", met en garde un vieux routier du parti. Mais rien n'y fait. A chaque ministère ses impétrants et ses stratégies.

Bayrou plus solitaire que jamais


Bayrou plus solitaire que jamais
Un meeting de François Bayrou est à l'image de sa campagne: rien ne doit bousculer sa ligne directrice, par définition la meilleure, puisqu'il l'a choisie.
afp.com/Fred Tanneau

Une descente aux enfers? Le candidat centriste pensait que son tour était enfin arrivé. Mais qu'importent les pronostics, il poursuit sa route.  

François Bayrou tombe la veste en plein milieu de son discours. A la halle aux Toiles, à Rouen, le mercredi 4 avril, c'est bien la seule fantaisie qu'il se permettra. Quand les militants s'expriment un peu bruyamment, le candidat centriste douche aussitôt leur ferveur. "A la fin, je vous promets, on communiera ensemble dans le même enthousiasme." Prière de ne pas le perturber dans son raisonnement. 
Un meeting de François Bayrou est à l'image de sa campagne: rien ne doit bousculer sa ligne directrice, par définition la meilleure, puisqu'il l'a choisie. Quand il flanche dans les sondages, passant sous la barre symbolique des 10 %, François Bayrou préfère trouver des causes exogènes sur lesquelles, là encore par définition, il n'a pas de prise.  
Au choix: les Français ne sont pas entrés dans la campagne ; ils sont privés de débat télévisé par les autres candidats ; ils sont "trahis" par les médias, qui connaissent la réalité mais la cachent sciemment.  
Nicolas Sarkozy a eu ce commentaire devant des proches: "Il part en torche." Peu importe ce jugement -officiellement, il "ne lit rien" qui parle de lui-, François Bayrou est étanche aux critiques comme aux conseils.  
Son entourage n'en est pourtant pas avare. "A François de réagir. Il faut trouver des phrases fortes qui percolent dans l'opinion", plaide Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du MoDem. Ce n'est pas faute de lui en souffler.  
Si le centriste écoutait le député européen Robert Rochefort, il pourrait lui piquer cette sentence, susceptible de faire du buzz: "Si Bayrou est un challenger, les autres sont des rabatteurs."  
Mais Rochefort comme les autres peuvent bien se multiplier et clamer ce que bon leur semble, Bayrou a prévenu que cela ne l'engageait pas. "La consigne, c'est qu'il a raison", explique l'un de ses soutiens, qui est "devenu important" aux yeux du Béarnais le jour où il s'est éloigné de son giron.  
Peut-être le dernier encore à y croire
Les conseils sur la stratégie, il n'en a cure. Le duo d'anciens Verts Jean-Luc Bennahmias-Christophe Madrolle aimerait qu'il esquisse un visage de cette "majorité centrale" qu'il assure pouvoir incarner s'il était élu. Eux avancent des noms: à gauche, Manuel Valls, Michel Sapin ; à droite,Bruno Le Maire, actuel ministre de l'Agriculture.  
François Bayrou, lui aussi, cite à chaque réunion publique des personnalités des deux bords: Mendès France, Delors, Giscard, Barre, Rocard. Pas vraiment, la même génération.  
En retoquant toutes les propositions, François Bayrou court le risque de démotiver ses troupes. "Un peu de diplomatie et de rondeur, ça peut être utile", notait son ami Jean Peyrelevade, avant que la campagne ne démarre.  
Quand il est pris en défaut par des étudiants en journalisme sur un point de son programme, le candidat incrimine sans ciller une "commission zélée" de son parti. Il a juste oublié que la scène est filmée et qu'elle va faire le tour du Web. Dont il sut pourtant se servir en 2002 et en 2007.  
"François a une grande qualité: il pense par lui-même, explique un proche. Revers de la médaille, il ne sait pas travailler en équipe."  
Son amie, la sénatrice Jacqueline Gourault, s'agace aussi de ces rendez-vous fixés sans prévenir. Bayrou pâtira-t-il, une fois de plus, de cette solitude qu'il a pourtant soigneusement cultivée? "Peut-être", ose l'ancienne ministre Anne-Marie Idrac, qui ajoute cependant, prudente: "Il pense que ça va le faire."  
Il est peut-être le dernier encore à y croire. S'il refuse toujours d'évoquer ses intentions, en cas de défaite au soir du 22 avril, autour de lui les vannes s'ouvrent progressivement. "God only knows" (Dieu seul sait), concède ainsi un proche lorsqu'on avance l'hypothèse d'une nomination à Matignon sous un nouveau mandat Sarkozy. God? C'est donc cela.  

Alain Juppé : «Le programme de Hollande est dangereux»


Alain Juppé en février 2011.
Alain Juppé en février 2011. Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro
  • INTERVIEW - Le ministre des Affaires étrangères s'inquiète «des turbulences redoutables» que provoquerait les mesures économiques du candidat socialiste, dans une interview dans le Figaro Magazine.
LE FIGARO MAGAZINE. - Pour vous quel est l'enjeu principal de cette campagne?
Alain JUPPÉ. - L'enjeu essentiel, c'est le redressement de l'économie française. Nous sommes sur la bonne voie. Beaucoup de réformes essentielles ont été faites depuis cinq ans, qui ont répondu à deux objectifs: améliorer notre compétitivité et remettre de l'ordre dans nos comptes publics, profondément déstabilisés par les crises qui se sont succédé. J'ai l'absolue conviction, je le dis sans esprit partisan, que le programme de François Hollande dans ce domaine est complètement à côté de la plaque. Et même profondément dangereux. Il risque de replonger l'économie française et la zone euro dans des turbulences redoutables.
Quelles doivent être les priorités de Nicolas Sarkozy s'il est réélu le 6 mai?
Il y en a plusieurs, mais je voudrais insister sur l'immigration. Les choses sont en train de changer sur ce sujet. Il n'y a pas si longtemps, ce mot était tabou. Il suffisait de le prononcer pour se voir reprocher d'aller chasser sur les terres du Front national. C'était absurde. Qu'a dit Nicolas Sarkozy, à Bordeaux? Il a dit que l'immigration était un atout pour la France, que notre pays a connu des vagues successives d'immigration qui lui ont permis de bâtir son industrie, que l'accueil des étudiants étrangers est une chance pour la France, mais que l'immigration peut aussi être un problème, lorsque nous n'avons plus la capacité d'intégrer des immigrants trop nombreux. C'est ce qui se passe aujourd'hui. Nous n'avons plus la possibilité d'offrir aux 200.000 étrangers qui arrivent chaque année des logements et des emplois. Il faut donc réguler ce flux. Lutter bien sûr contre l'immigration clandestine et réguler davantage l'immigration légale. J'ai vécu un an au Canada, un modèle pour le respect des droits de l'homme, et je peux vous dire que ce pays organise son immigration en fixant des conditions de revenus, de logement, de connaissance de la langue… Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire?
Nicolas Sarkozy a dit qu'il serait un président différent s'il était réélu. Comment y croire?
Ce sera son dernier mandat. Cela induira forcément une grande différence, notamment dans la pratique du pouvoir. Mais il a déjà changé, j'ai pu le constater dans l'exercice du pouvoir. Aujourd'hui, le premier ministre joue un vrai rôle, il n'est pas simplement le transmetteur des volontés présidentielles. Il exerce sa fonction d'arbitrage.
Et vous, seriez-vous un premier ministre différent de celui que vous avez été en 1995 si vous deviez revenir à Matignon?
Je ne me projette pas dans cette perspective. Le seul cap que j'ai en tête, c'est la victoire de Nicolas Sarkozy.
Mais vous seriez forcément différent!
J'ai quelques années de plus. On a tous pris de la bouteille, de l'expérience, de la sagesse peut-être.
François Bayrou pourrait-il être le premier ministre de Nicolas Sarkozy?
Sûrement. Il n'est pas socialiste, et ce qu'il propose est aux antipodes de ce que propose François Hollande. Il est aujourd'hui critiqué vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, mais c'est le jeu de la campagne électorale. J'espère qu'au second tour, il retrouvera sa famille.

Affaire Cassez : Sarkozy dénonce un manque "d'humanité" du PS


Florence Cassez, en 2008, dans sa prison mexicaine.

L'ex-ministre socialiste Michel Vauzelle va être envoyé au Mexique comme émissaire "hollandais", notamment pour "réparer le climat" créé par l'affaire Florence Cassez, Française de 37 ans qui a été condamnée à soixante ans de prison au Mexique pour des enlèvements. Cette annonce a déclenché, samedi 14 avril, la colère de l'entourage de la prisonnière française. Un début de polémique renforcé par l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy qui a fustigé l'"opportunisme électoral" du candidat socialiste à une semaine du premier tour.
Lors d'un déplacement de campagne en Val-de-Marne, Nicolas Sarkozy a déclaré : "J'espère que l'initiative des socialistes ne portera pas préjudice à Florence, que j'ai au téléphone très régulièrement et qui mérite mieux que d'être utilisée d'une façon aussi basse". Il a aussi dénoncé un manque "d'humanité" du camp rival pour la présidentielle.
UN "PUR OPPORTUNISME ÉLECTORAL"
Le ministre des affaires étrangères Alain Juppé, lui, s'est dit "scandalisé" par cevoyage et dénonce "une instrumentalisation politique et électorale" de la situation de Florence Cassez a huit jours du premier tour de l'élection présidentielle. "Tout ce passe comme si M. Hollande se voyait déjà à l'Elysée, et M. Vauzelle peut-être au ministère des affaires étrangères", a-t-il indiqué à des journalistes lors d'une visite d'un marché à Bordeaux, la ville dont il est maire.
Même constat du côté de l'équipe de campagne du président-candidat. Avec cette décision prise "dans l'unique objectif de critiquer les initiatives du président de la République pour obtenir la libération de Florence Cassez, Francois Hollande ne démontre pas seulement son ignorance totale des dossiers internationaux. Il prouve aussi sa capacité à fouler au pied le combat d'une famille et le respect de nos valeurs par pur opportunisme électoral", a dénoncé dans un communiqué Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy. Elle estime que sur ce sujet, sur lequel le chef de l'Etat s'est beaucoup déployé, son rival PS"rompt un consensus national" et "prend le risque de mettre à mal cinq ans d'efforts diplomatiques intenses qui ont commencé à porter leurs fruits".
"SACRIFIER" LA PRISONNIÈRE
En confirmant la mission confiée à M. Vauzelle, le directeur de campagne de M. Hollande, Pierre Moscovici, s'était défendu des accusations de coup "électoraliste"qui ont fusé de la part de l'entourage de Florence Cassez. Son avocat Me Frank Berton a même accusé M. Hollande de "sacrifier" la prisonnière en envoyant un émissaire "dans une affaire qu'il ne connaît pas".
"Je suis en colère", a déclaré la mère de Florence, Charlotte Cassez, pour qui, "le 21 mars, il y a eu une décision au Mexique extrêmement importante, qui a ouvert une brèche. La France n'a pas à s'en mêler." La première chambre de la Cour suprême du Mexique a en effet rejeté, le 21 mars 2012, une proposition de libération immédiate de Florence Cassez, mais elle a nommé un nouveau rapporteur sur ce dossier.
"NE PAS S'IMMISCER DANS CETTE AFFAIRE"
L'équipe de campagne de François Hollande s'est empressée de démentir tout tentative d'intervention dans cette affaire. "Le déplacement de Michel Vauzelle au Mexique s'inscrit dans le seul cadre d'échanges préparatoires au sommet du G20 qui se déroulera en juin prochain dans ce pays", affirme un communiqué signé de Frédéric Cuvillier, député PS du Pas-de-Calais et co-président du comité parlementaire de soutien à Florence Cassez. Le candidat PS à l'Elysée "François Hollande, qui soutient Florence Cassez et son combat, a toujours affirmé son respect et sa confiance dans les institutions mexicaines et sa justiceindépendante", a-t-il ajouté, "aucune initiative parallèle, directe ou indirecte, politique ou diplomatique n'a été engagée".
"Il ne s'agit en aucun cas de s'immiscer dans cette affaire", a également plaidé dans la nuit M. Moscovici auprès de l'AFP, soulignant que M. Vauzelle se rendait avant tout au Mexique pour préparer le sommet du G20 organisé dans ce pays les 18 et 19 juin dans l'hypothèse où le candidat du PS serait élu le 6 mai. Mais le directeur de campagne en a profité pour mettre en cause "un traitement trop spectaculaire" du cas de Florence Cassez par Nicolas Sarkozy et son gouvernement qui a, selon lui, "empoisonné les relations" franco-mexicaines.
Depuis Lille, Martine Aubry a estimé samedi que les critiques à l'encontre de l'émissaire de François Hollande au Mexique étaient un "faux procès" fait au candidat PS. "A aucun moment, François Hollande n'a souhaité se mêler de cette affaire judiciaire. On a toujours soutenu le gouvernement et le président de la République dans leur tentative de régler la question" de la libération de Florence Cassez.